La voie lactée – Par Mohamed Adjou

Je ne suis pas un grand buveur de lait… Je préfère les tisanes que je n’achète même pas du marché… On trouve toujours quelque chose à se mettre en tasse quand on n’est ni snob, ni exigeant, ni trop crédule face aux publicités toujours mensongères: épluchures de pommes, feuilles d’oranger ou de citronnier, menthe verte, carvi, origan ou armoise me suffisent !… en réalité tout se laisse boire si on sucre sa boisson car le goût du sucre vous éclipse l’amertume ou l’acidité du reste…

Je ne suis pas grand buveur de lait parce que je sais qu’en guise de lait on me refile une poudre louche ou un breuvage trop dilué pour m’offrir les vertus du vrai lait; et je regarde avec beaucoup d’amusement ces publicités où on vous montre des enfants obèses pour vous vanter les vertus de ce présumé concentré de vitamines et de sels minéraux…

J’ai écouté tout à l’heure à la radio une information sur le soutien de l’Etat au prix du lait… Je n’ai pas retenu grand chose de toute l’arithmétique développée à ce sujet mais j’ai deviné (dites moi si je me trompe) que le prix de revient du litre se situe autour de 55 DA et que l’Etat contraint les producteurs à le vendre à 25 DA d’où une perte de 30 DA que l’Etat prenait en charge habituellement à concurrence de 12 DA, ce qui était insuffisant aux yeux (et aux poches) des opérateurs de la filière… L’Etat a donc décidé d’augmenter de 2 DA son soutien, ce qui fait, si mes calculs sont bons, 14 DA par litre. Je peux me tromper mais c’est à peu près ça le principe…

Ce que personne n’avoue franchement c’est le coût global de ce soutien… On entend des chiffres à dizaine de zéros: 30… 60… 120… millions et dans certaines langues, milliards de dollars !… Je ne sais pas pourquoi on ne nous dévoile pas ce chiffre en le faisant lire à voix distincte par quelqu’un qui sait lire, pas à la manière d’un Zerhouni ânonnant les résultats d’un vote qu’il connaissait pourtant avant le scrutin…

Ceci d’une part…

Je crois d’autre part et ça n’engage que ma petite suspicieuse personne que ce soutien qui aurait permis de doter chaque famille algérienne d’une chèvre et de ses aliments lactifères pour une année ne profite que très peu à ceux auxquels il est sensé profiter et qu’il se fait allègrement partager par les opérateurs de la filière qui déclarent des productions capables de noyer l’Afrique mais dont on ne trouve nulle trace dans les cageots en plastique des épiceries…

D’aucuns accusent le bon peuple de faire les veaux face à un Etat accusé pour sa part d’être une vache à lait… en réalité le bon peuple n’a que des sachets d’un liquide supposé être du lait et dont le prix réel ne doit pas dépasser les 20 DA… Les vrais veaux ce sont tous ceux qui, en amont, profitent à plein régime de ce soutien en se sucrant au lait et surtout à tous ses dérivés qu’ils peuvent se permettre à moitié prix…

C’est comme la tomate en conserve… Le soutien va vers les opérateurs de la filière mais nombre de transformateurs s’en remplissent les poches et vont acheter de très loin (suivez mon regard) à moins que rien un semblant de tomates qu’on dit cancérigène, qu’ils vous mettent en boîte en déclarant avoir tout produit ou acheté de nos maraîchages…

J’ai oui dire que rien que dans une de nos wilaya, il a été déclaré plus de 100 000 litres de lait fictifs***… et qu’un contrôle opéré chez un baron de la tomate a fait ressortir une surfacturation démentielle…

Mais tout le monde sait qu’il ne faut pas accorder de crédit à ces ragots… l’Algérien est si soupçonneux qu’il verrait même du louche dans l’eau de table alors qu’elle est si transparente!…

Moi, vous me connaissez, je n’aime pas les histoires… je vous dis tout ça juste pour vous mettre en garde contre les racontars du téléphone arabe et de radio trottoir; donc faites comme si ma goult walou !

Mohamed Adjou

Source:

https://comment-taire10.blogspot.com/2021/11/la-voie-lactee.html

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